La vie est - aussi - ailleurs...

 

Pas très holy, Lola

Le film commence sous une lourde pluie de mousson. Un je-ne-sais-quoi d'humide s'installe qui colle et poisse. Il est temps de changer d'habits comme on changerait de peau. L'allégorie est à peine voilée. Bienvenue au Cambodge pour deux heures d'émotions et de lieux communs.

Qu'on le sache tout de suite, le film est un condensé de «vécu» d'adoptants ordinaires. Pas méchants au demeurant, simplement obsédés par l'idée de repartir avec un enfant. Ils ne sont là que pour cela et resteront, pour la plupart d'entre eux, totalement imperméables à tout ce qui pourrait les détourner de leur objectif. Même les sentiments sont gommés, chacun vit son marathon en autiste. La misère environnante fait partie du décors. Le réalisateur effleure le problème des enfants qui travaillent dans une décharge, ceux qui mendient, ceux qui ont perdu un membre sur une mine antipersonnelle, comme pour se dédouaner. Il en reste une sorte de malaise : en effet, comment vouloir un enfant et rester insensibles aux non-adoptables. Il faut bien choisir ses priorités.

Dans cette recherche effrénée de l'orphelinat qui pourra fournir la merveille à ramener, les euros et les dollars font vite leur apparition. S'ouvre alors le vaste marché où tout s'achète : les papiers, les passe-droits, les enfants. Pays corrompu ou adoptants corrupteurs ?

Alors se posent diverses questions : Faut-il laisser les adoptants se débrouiller seuls ou faut-il renforcer les OAA pour que cessent ces escalades mercantiles ? Faut-il continuer à laisser des adoptions se pratiquer dans des pays qui n'ont pas ratifiés la Convention de la Haye  ?

Entre le tournage du film de Tavernier et aujourd'hui, le Cambodge a été fermé à l'adoption à cause des dérives dues à la corruption.

Il est temps de moraliser l'adoption internationale pour que cet acte qui engage la vie des adoptants et celle des adoptés ne soit pas entaché d'irrégularités, de magouilles ou d'actions à la moralité douteuse.

 

 

 

A-F R