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Tout le monde aime Cyrulnik... surtout les médias et on les comprend... Après Un merveilleux malheur, 1999, les Vilains Petits Canards, 2001, et le Murmure des fantômes, 2003, Boris Cyrulnik continue à explorer le thème de la résilience.
Neuropsychiatre, psychologue, psychanalyste et éthologue, Boris rabâche l'espoir, inlassablement. Le concept de la résilence est simple, enfin en apparence. Les individus les plus traumatisés sont susceptibles de trouver en eux-mêmes des ressources insoupçonnées, celles de dépasser la douleur, de la sublimer.. d'en faire une vie ou une oeuvre, de la vaincre et d'accéder au bonheur ... et ses livres d'abonder en exemples édifiants sans doute, exceptionnels peut-être mais inspirants sûrement : une incomparable bouffée d'optimisme dans un monde qui en a bien besoin et un vrai talent d'écrivain.
Mais que donne l'X lecture de Cyrulnik ? Les adoptés en recherche, malades d'un passé qu'ils ignorent peuvent-ils y trouver la panacée qui les aidera à mieux vivre ? C'est ce que certains de nos adversaires et de mauvais psy. déduisent abusivement en nous enjoignant de "faire le deuil". Mais fait-on le deuil de "rien", fait-on le deuil de ceux qu'on ne connait pas ?
Un élément me frappe dans les cas de résilience cités. Victimes de la guerre, de la déportation, d'un grave accident physique, traumatisés de l'enfance, tous affrontent une douleur, un drame unanimement reconnu comme tel. Ce n'est décidément pas le cas des X et des adoptés à qui on serine encore et encore combien leur sort est enviable, à qui on refuse encore l'accès sans conditions à l'intégralité de leurs histoires dans un pays où l'abandon anonyme demeure une disposition légale, la rupture des liens, un dogme.
Et si la résilience passait aussi par la reconnaissance du préjudice subi ? On ne s'étonnerait plus alors que l'option nous en soit si difficile.
NM
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